Les zones commerciales

2001, l'odyssée du (e-)commerce

En 2001, l’économiste Alain Rallet publiait « Commerce électronique et localisation urbaine des activités commerciales » dans un numéro Hors-Série de la Revue économique consacré à l’« Économie de l’Internet ». Alors que le mot « e-commerce » n’existait pas encore, il anticipait la dimension spatiale de la révolution commerciale à venir à travers trois scénarii prospectifs. 20 ans plus tard, son approche nous éclaire sur les dynamiques en cours. Un regard particulièrement bienvenu à l’heure où l’ANCT lance un grand Plan de transformation des zones commerciales.

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En leur temps, les grands magasins et la grande distribution ont apporté leur lot de transformations commerciales et urbaines. À son tour, le e-commerce apporte son lot de métamorphoses, fragilisant certaines figures d’ampleur bien établies, parmi lesquelles les zones commerciales. Ces dernières font l’objet d’un grand plan d’action pour faciliter leur évolution, lancé en 2023 par le Gouvernement et l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) (1), dont les investissements prévus devraient bénéficier à la “France moche (2)”. Face à la crise du logement et à la raréfaction du foncier productif, les zones commerciales apparaissent comme une manne foncière providentielle à l’ère de la réduction de l’artificialisation des sols. Un nouvel eldorado ?

Situées aux entrées de ville, ces zones pourraient devenir des nouveaux quartiers. Mais pour quelle forme d’urbanité ? Ces dernières décennies, elles ont gagné une telle envergure que leur surface équivaut souvent à celle des quartiers centraux historiques. Une mixité urbaine traditionnelle sur ces secteurs interrogerait l’équilibre déjà fragile entre centre et périphérie. La reconquête des zones commerciales est un signal fort de l’envergure des bouleversements qui s’annoncent.